CR Raid des Miages


Date : 22 au 25 mars 2019

Participants : Max,Marie, Elisa, Guillaume, Hervé (dénommé le Le Club des 5 pour l’occasion)

Vendredi 22 mars

Max nous a imaginé un tour original dans le site sauvage des Miages loin des foules qui promet d’être magnifique. La météo semble également de la partie pour ce long week-end.

Rendez vous est donné chez Marie pour faire un dernier point matériel et passer sur la balance… les sacs que nous allons devoir porter, supporter pendant ces quelques jours. C’est qu’ entre le matériel indispensable pour évoluer sur les glaciers en toute sécurité et le ravitaillement, le poids avoisine/ dépasse les quelques 15 kg par personne


Direction les Contamines-Montjoie point de départ de notre raid et plus précisément le parking du Cugnon.

Le programme du jour est la longue ascension jusqu’au refuge des conscrits 1500 m de D+. Cela commence par une séance de près d’1h de portage des skis car le sentier est totalement déneigé.

Arrivés au chalet hôtel de Tré la Tête vers les 12 coups de midi, nous nous accordons une courte pause pour nous désaltérer sur sa terrasse ensoleillée. Il ne faut pas s’y attarder car nous devons passer sans traîner le « mauvais pas » qui peut, comme son nom l’indique, être délicat à franchir. Celui-ci par une courte descente permet de prendre pied sur le glacier sur lequel nous nous encordons tous les 5. Nous évoluons ainsi tel une chenille processionnaire entre les crevasses bien bouchées et les séracs de Tré la grande. L’attention est toutefois de mise et Max y veille. De notre côté nous nous efforçons de tenir un rythme régulier et vigilant pendant les conversions. Lorsque nous atteignons l’aplomb du refuge nous nous déséquipons pour manger et terminer les 200 m de montée, il fait chaud, très chaud.

Le très beau nouveau refuge des conscrits (inauguré en 1997) nous ouvre ses portes. Il vient juste de rouvrir pour la saison, les rotations d’hélicoptères pour le ravitailler et aussi déneiger le toit ayant eu lieu l’avant veille.

Voilà près de 6h que nous avons quitté la vallée et nous sommes à 2600 m dans un cadre grandiose sur une terrasse plein soleil.

Pour profiter pleinement de cette fin d’après midi, activités Scrabble et guitare pour Guillaume (empruntée sur place bien sûr!). Marie nous apprend l’existence du verbe « fouir » quelle culture !

Samedi 23 mars

Après une bonne nuitée dans notre « suite N°6 », (traduisez par : nous bénéficions d’une chambre rien que pour nous 5) .Notre objectif du jour est l’ascension du Pain de Sucre du Mont Tondu (3169 m). Nous quittons notre douillet refuge, par une courte descente sur neige dure avant de remonter des pentes régulières sur l’autre versant du glacier. Nous rejoignons une combe somptueuse, bercée par le soleil. Nous la gravissons par quelques conversions, la neige poudreuse présage une descente fantastique. Sur la crête pré – sommitale, la vue sur le versant lacs de Jovet est magnifique. Par quelques rochers faciles (pour beaucoup) le sommet est atteint.

Vite, nous rechaussons les skis pour plonger dans cette combe rêvée mais bien réelle.

Une petite montée skis sur le sac et nous atteignons le col du Mont Tondu (2895 m) pour le casse-croûte. Nous sommes à la frontière des 2 savoies, le panorama s’offre jusqu’aux Ecrins et nous découvrons le versant savoyard sur lequel nous allons basculés pour rejoindre le refuge Robert Blanc. Max écourte sa pause pour repérer et équiper le début de la descente car le câble fixe est, en partie, dissimulé sous la neige. Crampons aux pieds, nous commençons par une traversée descendante jusqu’au premier relais puis un rappel d’une quarantaine de mètres skis sur le dos pour prendre appui sur la « neige ferme ».

Ouf ! Merci Max pour ta technicité, ta patience dans ce passage pas franchement débonnaire.

Une fois le club des 5 recomposé nous pouvons glisser gentiment vers notre abri atteint en milieu d’après-midi.

Édifié à 2750 m, le refuge n’est pas encore gardé à cette époque. Il offre 10 places dans sa partie hivernale. Sans possibilité de « privatisation », on appréhendait un peu de savoir qui serait là.

Pour finir on aura le refuge rien que pour nous. L’exposition plein Sud nous permet de déballer et faire sécher toutes nos affaires.

A l’intérieur c’est le grand confort : une seule pièce mais vaste pour 5, bénéficiant d’une luminosité généreuse grâce à de nombreuses fenêtres, apport calorifique et vue à 180° (au moins) Ça donne envie hein !

Bon, qui dit autonomie, dit on a pas porté du matériel pour rien. La priorité est de faire fondre de la neige, les gaz chauffent sans discontinuer.

Par contre pour dégager les toilettes sèches, totalement enfouies sous la neige, la même technique ne s’applique pas, il faudra utiliser la pelle.

Au menu ce soir c’est fondu « pour les ceusses qui aiment » à la chandelle, flan au caramel, le tout arrosé par des « grands crus montés de la plaine »….

Une soirée hyper sympa, inoubliable

Dimanche 24 mars

Une fois notre gîte remis en état d’accueillir ses prochains visiteurs, nous repartons skis aux pieds.

Nous visons aujourd’hui, l’épaule de l’Aiguille des Glaciers (3700 m) en remontant le glacier des Glaciers.

Nous devons tout d’abord redescendre vers 2500 m pour contourner un éperon rocheux et remonter NE sur le glacier par des pentes soutenues nous obligeant à effectuer de nombreuses conversions sur une neige très dure, les couteaux sont indispensables.

Certains de nous y laissent pas mal d’énergie et de temps. Sous le col des glaciers, Max décide de modifier le projet initial, nous n’irons pas à l’épaule Nord.

Nous mettons donc le cap sur le col culminant à 3063 m, par lequel nous avions prévu de passer pour retourner au refuge des conscrits.

La pente se redresse de plus en plus. A un moment donné:)), nous devons quitter nos skis pour remonter un passage raide frisant, frôlant, les 45° et même si Max nous facilite la tâche en taillant des marches, la sueur ruisselle sur nos fronts. Encore quelques mètres et efforts pour sortir sur la crête que nous rejoignons un peu trop haut nécessitant une légère descente pour rejoindre le col des Glaciers.

Nous découvrons la superbe face nord du col que nous avions observée depuis les Conscrits. Elle est à nous ! Mais avant de pouvoir la signer, notre guide préféré nous installe un nouveau rappel pour éviter le premier ressaut rocheux et ainsi chausser confortablement en contrebas. La suite ce n’est que du bonheur, une pente de poudreuse, vierge et immaculée, au moins sur la partie haute.

Quelques chutes mémorables mais sans casse ponctuent cette descente indécente.

Nous retrouvons un peu plus loin le glacier de Tré la Tête, avant de remonter la courte et toujours chaude ascension au refuge.

Là-haut, après une nécessaire et méritée bière /soda, notre guidos nous initie aux techniques du mouflage, si jamais l’un d’entre nous s’aventurait dans une crevasse.

Incertain sur la faisabilité du programme de notre 4ème et dernière journée, la gardienne du refuge nous informe que plusieurs personnes, dont des guides, ont effectué la veille, la traversée des dômes de Miages en redescendant par le glacier d’Armancette. C’est ce que nous projetions pour finir en beauté, donc nous voilà rassurés.

Nous partageons notre dernier repas en compagnie de quelques autres randonneurs.

En évitant l’affluence du samedi soir, notre séjour aura été parfait pour profiter de ce lieu.

Lundi 25 mars

6h30 c’est l’heure du départ. Une longue journée nous attend et même si les sacs sont moins lourds qu’au départ, il faut les redescendre dans la vallée.

Nous commençons par une petite montée au dessus du refuge avant d’effectuer une longue traversée ascendante. Progressivement la pente se relève et aux alentours de 9h, le soleil nous réchauffe nous permettant d’enlever quelques couches.

Nous bifurquons nord-ouest pour atteindre le col des dômes à 3564 m 1h30 plus tard.

Vue imprenable bien entendu sur les sommets voisins, l’aiguille de Bionnassay, le Mont Blanc face italienne, ça pique les yeux !!

Quelques cordées sont déjà présentes. Nous nous équipons crampons, skis sur le sac, encordement… il va y avoir un « petit pas » à franchir un peu glacé dirons nous, court mais intense. Au bout de nos efforts, c’est l’arrivée au premier des dômes culminant à 3633 m.

Le vent nous accueille, s’il n’est pas violent, il n’est pas non plus le compagnon idéal pour envisager la traversée intégrale des dômes. Argument supplémentaire, la glace vive est en partie présente pour redescendre sur le glacier d’Armancette et il est 11h15.

Alors sage décision est prise par Max : nous allons revenir par le glacier de Tré la Tête et le mauvais pas. C’est dommage mais la prudence est bonne conseillère. Nous retenterons notre chance une autre saison. Et notre joie est déjà grande d’être parvenu à nous hisser ici,tous les 5, comme les doigts de la main.

2400 m de dénivelée négatif nous tendent les bras, combien de virages ça peut bien faire ?

Sans jamais reprendre nos traces de montée, nous redescendons le glacier jusqu’à la hauteur du refuge. Les nuages nous enveloppent par moment mais sans trop nous compliquer la direction à suivre. Bon il n’est pas question non plus de s’attarder et de sortir le barbecue !

Vers 12h30 nous reprenons notre ascension du mauvais pas, tranquillement, sagement, en suivant les pas bien marqués de notre ouvreur. A cette heure, la neige est déjà bien transformée : il n’aurait pas été confortable de remonter ici beaucoup plus tard.

Nous rejoignons le chalet de Trélatête sans nous y poser, et filons directement sur le Cugnon.

Il nous faudra bien entendu parcourir la fin de la descente avec nos planches sur le dos, mais on aime, on adore le portage.

Et pour valider, achever, immortaliser, notre fabuleux Raid des Miages….

Nécessité de trouver une taverne, un estaminet, un troquet, un bistrot, un bar quoi .

Ce que nous trouvons sans difficulté aux Contamines, le sens de l’orientation est indispensable.

Bref une aventure géniale qui, je l’espère, aura suscité des envies pour les absents et pour les 5 acteurs un désir de : « remettre ça » et de « do you remember »

Hervé

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